Hypertrophie de la prostate : causes et symptômes

Une hypertrophie de la prostate est une maladie fréquente chez les hommes après 50 ans, et c’est un phénomène croissant.

L’hypertrophie de la prostate est connue cliniquement comme l’hyperplasie prostatique bénigne (non cancéreuse) (IPB).
L’hypertrophie désigne l’augmentation de volume de la prostate, alors que l’hyperplasie fait référence à la multiplication rapide des cellules dans la partie centrale de la glande.

La prostate est un organe situé sous la vessie et entoure l’urètre (l’urètre est le canal par lequel passe l’urine).
En raison de cette position, en cas d’hypertrophie on a des symptômes urinaires.
L’hypertrophie de la prostate atteigne la région centrale de l’organe, autour de l’urètre, alors que le cancer de la prostate se produit dans la région extérieure.

La prostate est responsable de la production d’un fluide appelé liquide prostatique.
Ce fluide pur sert à neutraliser l’acidité du tractus vaginal qui, autrement, entraînerait la destruction des spermatozoïdes avant qu’ils n’atteignent l’ovule pour la fécondation.

Dimension de la prostate

  • Les dimensions normales de la prostate sont 4 x 3 x 2 cm,
  • Le poids de la glande est d’environ 30/40 grammes.

Durant l’enfance, cette glande est environ de la taille d’un pois.
Au fil du temps, elle commence à croître à un rythme progressif.
Avec le début de la puberté, la croissance s’intensifie.

 

Pour la plupart des hommes, la prostate continue à se développer jusqu’à provoquer une pression sur la vessie et sur l’urètre.
Cela peut entraver l’écoulement normal de l’urine.

Poids de la prostate

Âge Poids
20 ans 20g
De 30 à 50 ans 30g

De plus de 70 ans

60g

 

Chez les jeunes âgés de moins de 30 ans (par exemple dans les 20 ou 25 ans) l’hypertrophie de la prostate est rare.
La période allant de 40 à 50 ans est considérée comme la période de croissance de la prostate.
Il faut toujours trouver les raisons qui provoquent l’hypertrophie de la prostate chez les jeunes.
Bien qu’il n’y ait aucune preuve solide, il existe certaines hypothèses accréditées.

Anatomie, abdomen, thorax, bassinCauses de l’hypertrophie de la prostate

Chez les personnes âgées, l’hypertrophie de la prostate (également connu sous le nom d’hyperplasie prostatique bénigne) est une maladie fréquente.
Le vieillissement peut provoquer l’inflammation et l’obstruction de petites artères.
La conséquence est une ischémie et un stress oxydant qui créent un milieu fertile pour le développement de l’hypertrophie bénigne de la prostate.
Source : Role of inflammation in benign prostatic hyperplasia. – Chughtai B, Lee R, Te A, Kaplan S – Rev Urol. 2011; 13(3):147-50

Hormones
Dans certains cas, la prostate peut développer une sensibilité majeure aux hormones, provoquant une hypertrophie.
Les nivaux hormonales chez les patients qui souffrent de gonflement de la prostate et chez les patients normaux sont similaires.

Dihydrotestostérone
L’hypophyse libère l’hormone LH qui stimule les testicules à transformer la testostérone en dihydrotestostérone (DT).
Celui-ci se lie à la protéine R, c’est-à-dire le récepteur sur la membrane cellulaire.
D’ici, il va dans le noyau et il stimule la biosynthèse des protéines. Celle-ci représente l’origine de la prolifération prostatique.
En vieillissant certaines altérations dans le corps favorisent l’hyperplasie prostatique :

    1. Une augmentation progressive du DT ;
    2. Une diminution progressive du catabolisme du DT, par conséquent cet hormone reste actif dans le sang plus longtemps.
    3. Une augmentation du 17-β-estradiol, d’origine alimentaire et non alimentaire qui est transformé en DT. La chair est riche de cette substance.
    4. Une augmentation de la protéine R, c’est-à-dire le récepteur du DT.

Génétique et héritage
Un lien génétique pour l’hyperplasie prostatique chez les hommes qui ont moins de 60 ans a été étudié au cours des dernières années.
Les études montrent qu’il s’agit d’une maladie héréditaire.
La composante génétique augmente le risque de développer des symptômes urinaires modérés ou graves de 72% chez les hommes âgés.
Source : Benign Prostatic Hyperplasia and Male Lower Urinary Tract Symptoms: Epidemiology and Risk Factors. – Parsons JK – Curr Bladder Dysfunct Rep. 2010 Dec; 5(4):212-218.

Facteurs de croissance
Plusieurs facteurs de croissances et les récepteurs correspondants ont été identifiés :

  1. Dans l’épithélium prostatique,
  2. Dans le tissu connectif de support.

Ceux-ci peuvent stimuler ou inhiber les processus de croissance cellulaire et de différenciation (acquisition de caractéristiques spécifiques).
Parmi les facteurs de croissance figurent : 

  1. Les facteurs de croissance épidermiques, 
  2. Les facteurs de croissance fibroblastes, 
  3. Les facteurs de croissance transformant bêta.

L’activation de ces facteurs de croissance peut stimuler la croissance des cellules du tissu connectif et le remodelage du tissu. Le résultat est le gonflement de la prostate.

Inflammation
Au niveau du système immunitaire, l’inflammation peut :

  1. Provoquer la libération des cytokines, 
  2. Augmenter la concentration des facteurs de croissance. 

La conséquence est la proliferation excessive des cellules prostatiques
Source: The role of chronic prostatic inflammation in the pathogenesis and progression of benign prostatic hyperplasia (BPH). – Gandaglia G, Briganti A, Gontero P, Mondaini N, Novara G, Salonia A, Sciarra A, Montorsi F – BJU Int. 2013 Aug; 112(4):432-41.

Syndrome métabolique, style de vie et obésité
Le volume de la prostate est significativement majeur chez les hommes :

  1. Qui souffrent du syndrome métabolique,
  2. Obèses 
  3. Avec un bas niveau de cholestérol HDL (« bon ») dans le sang. 

Parmi les théories les plus fiables, il y a le mode de vie et l’alimentation non naturelle.
D’après la médicine naturelle l’alimentation peut causer des troubles à la prostate.
Selon le régime du groupe sanguin, les aliments peuvent être: 

  1. Nocifs – ils peuvent provoquer des symptômes et des maladies,
  2. Neutres  – ils ne provoquent généralement pas de troubles de santé,
  3. Bénéfiques –ils sont tolérés et ils peuvent aider à guérir.

L’effet dépend du groupe sanguin de l’individu.
Un aliment peut être nocif pour une personne et bénéfique pour une autre.
Par exemple :

  1. Les personnes de groupe 0 peuvent manger la viande rouge, mais elles peuvent se sentir mal si elles mangent les fruits,
  2. Les individus de groupe A ne tolèrent pas la viande rouge et la bière,
  3. Une personne de groupe B peut développer des maladies en mangeant des tomates et des noisettes.

Le régime du groupe sanguin a trouvé une liaison entre l’hyperplasie prostatique et la consumation de lait et de produits laitiers.
Les personnes qui développent le gonflement de la prostate ou la tumeur à la prostate mangent régulièrement un de ces aliments :

  1. Du fromage,
  2. Des desserts crémeux,
  3. De la pizza, 
  4. Du lait.

Autrefois, peu de personnes souffraient de troubles à la prostate, mais depuis quand une grande partie de la population mange régulièrement des produits laitiers, les maladies prostatiques ont beaucoup augmenté.
Il faut éviter les excès de tout aliment parce que mêmes les moins dangereux peuvent causer des symptômes s’ils sont mangés : 

  1. En grande quantité, 
  2. Tous les jours.

Par exemple, il est possible manger 3 noix chaque jour, mais une quantité supérieure à 10 noix chaque jour peut être nocive.

Facteurs de risque de l’hypertrophie de la prostata

  1. Le diabète de type 2,
  2. L’abstinence sexuelle
  3. Le coït interrompu,
  4. La constipation peut être provoquée par des selles dures et sèches qui s’accumulent dans le côlon car la personne ne peut pas l’éliminer. Le gonflement du côlon à cause de la présence des selles peut provoquer une pression sur la prostate qui provoque une difficulté à uriner. Dans ce cas, après l’évacuation la personne urine plus facilement et l’écoulement est plus abondant.

Symptômes de l’hypertrophie de la prostate

  1. Réduction du flux d’urine
  2. Flux d’urine intermittent 
  3. Nécessité soudaine d’uriner
  4. Miction fréquente 
  5. Rétention urinaire
  6. Égouttage après la miction 
  7. Brûlure pendant et après la miction
  8. Incontinence 

Description des symptômes

  • Lorsque la prostate grossit et pousse l’urètre, cela peut provoquer un blocage urinaire partiel. Cela provoque le premier symptôme de l’IPB, à savoir la difficulté à commencer à uriner. La personne doit généralement faire des efforts pour uriner correctement.
  • L’hypertrophie de la prostate rend l’écoulement de l’urine faible et fait en sorte que les urines arrivent et s’interrompent fréquemment.
    Même après que la personne ait uriné, elle pourrait drainer un peu d’urine.
  • La prostate peut continuer à se développer ultérieurement, comprimant encore plus l’urètre. Pour contrer ce problème, la vessie pourrait faire un effort supérieur à repousser l’urine hors du corps.
    Trop de contractions peuvent rendre la vessie plus sensible et indiquer au cerveau qu’elle  est pleine, même quand il y a une petite quantité d’urine.
    Cela provoque des mictions fréquentes (uriner souvent) – un autre symptôme caractéristique d’IPB.
    Ce symptôme s’accompagne d’une envie soudaine d’uriner, surtout pendant la nuit (nycturie).
  • Chez certaines personnes atteintes de l’IPB, l’urètre peut devenir tellement étroit que la vessie ne se vide pas complètement et qu’il reste un peu d’urine à l’intérieur. Cela provoque une sensation d’évacuation incomplète.
  • Parmi les conséquences d’une hypertrophie de la prostate, il y-a aussi l’incontinence.
  • En cas de prostatite aiguë, le patient peut également avoir de la fièvre, des douleurs au bas ventre et mal au dos.
  • Le sang dans les urines n’est généralement pas provoqué par l’HBP, il est plus probable que la cause soit une tumeur.

La plupart des gens pourraient supposer que l’hypertrophie de la prostate est liée à la sévérité des symptômes.
Des études ont révélé que certains hommes avec une prostate très grosse ont des symptômes urinaires très légers.
Par contre, certaines personnes avec une prostate légèrement enflée ont des symptômes plus intenses.
Source : Pathophysiology of benign prostate enlargement and lower urinary tract symptoms: Current concepts – Cheng-Ling Lee and Hann-Chorng Kuo – Ci Ji Yi Xue Za Zhi. 2017 Apr-Jun; 29(2): 79–83.

Beaucoup d’hommes ont peur d’avoir une dysfonction érectile, mais la prostatite n’influe pas sur l’érection ou sur la libido.
Faire du vélo provoque une inflammation car la personne est assise pendant beaucoup d’heures. La conséquence est la difficulté à uriner, mais cela ne va pas favoriser l’hypertrophie.

 

Complications de l’hypertrophie de la prostate

L’IPB non traitée peut provoquer :

  • Des infections des voies urinaires,
  • Des calculs vésicaux,
  • Dans de cas rares des dommages aux reins.

En raison de ces complications, la personne concernée peut éprouver d’autres symptômes en plus de ceux mentionnés ci-dessus.

 

Diagnostic de l’hypertrophie de la prostate

Examen de la prostate
Elle est située devant le rectum, donc la manière la plus facile pour examiner la prostate est celle d’insérer un doigt dans le rectum.
Le toucher rectal est indiquée :

  1. Chez les individus qui ont plus de 50 ans,
  2. Quand le médecin suspecte une pathologie prostatique.

L’examen est effectué avec le doigt index, le patient est sur le dos avec les jambes pliés et écartées.
Le médecin doit évaluer la présence d’hémorroïdes.
La palpation est agaçante et elle peut stimuler la miction, mais elle n’est pas douloureuse si le patient n’a pas une infection prostatique.

Résultats du toucher rectal
Le médecin peut trouver :

  1. Une prostate élargie,
  2. Des nodules qui peuvent indiquer une néoplasie,
  3. Une zone douloureuse en cas d’infection (prostatite).

La présence de durcissements, de nodules ou de zones enfoncées est considérée comme anormale.
Le médecin peut donc prescrire d’autres examens.
Toutefois, la majorité des nodules qu’on trouve pendant le toucher rectal sont des calcifications et ils n’ont pas de valeur maligne.
Mis à part les méthodes de mesure directe de la prostate, on effectue des tests sanguins pour :

  • Vérifier la quantité d’une protéine particulière produite par la glande prostatique.
  • Mesurer la créatininémie (concentration sérique de créatinine) qui peut avoir des valeurs  supérieures à la normale en cas de mauvais fonctionnement des reins.

Il existe d’autres types d’examens :

Examen de l’antigène prostatique spécifique (PSA): l’antigène spécifique de la protéine (PSA) est une protéine produite par la glande de la prostate. Dans les maladies comme le cancer de la prostate et la prostatite, le niveau de PSA est élevé.
Par conséquent, c’est un paramètre important afin de connaître les situations pathologiques de la prostate. Toutefois :

  • Les valeurs de la PSA ne sont pas un indicateur fiable,
  • L’importance de ce chiffre repose sur les résultats obtenus par d’autres tests.

Échographie transrectale : dans cette procédure, on insère dans le rectum un appareil qui émet des ondes sonores (connus comme sonde USTR). Pour cela, on applique un gel pour les ultrasons à la sonde qui est recouverte d’une gaine.
Grâce aux ondes sonores réfléchies, on obtient une image de la prostate.
L’échographie peut détecter :

  • Des irrégularités qui n’ont pas été remarquées lors d’un toucher rectal,
  • La taille de la prostate afin de déterminer si elle a augmenté de peu ou de beaucoup (par exemple deux fois plus).

L’échographie sur-pelvienne (à travers l’abdomen) ne montre pas d’ images nettes comme celle trans rectale.

Débitmétrie urinaire – Cet examen est nécessaire pour évaluer le flux d’urine, il montre la quantité d’urine produite pendant une seconde. 

La cystoscopie est un examen nécessaire pour visualiser la paroi interne de la vessie.
Cet examen est utile afin de comprendre la gravité de l’obstruction :

  1. De l’urètre,
  2. Du col vésical.

Il s’agit d’un examen endoscopique au cours duquel le médecin insère un tube étroit et flexible (cystoscope) dans la vessie à travers l’ouverture de l’urètre du pénis.


Biopsie de la prostate
: si un toucher rectal du patient révèle certaines anomalies et si le PSA est élevé, alors on exécute une biopsie pour confirmer un diagnostics suspect.
On prend un échantillon de tissu de la prostate pour l’analyser au laboratoire, à l’aide d’une échographie transrectale (USTR).

Druck

À lire aussi :

Hypertrophie de la prostate : causes et symptômes ultima modifica: 2016-02-18T22:48:38+00:00 da Dr. Massimo Defilippo