Douleur à la hanche : les 5 examens les plus utiles et les tests (de base)

Douleur à la hanche : les 5 examens les plus utiles et les tests (de base)

Dans ce post, je vous expliquerai de façon simple comment comprendre l’origine de la douleur à la hanche.

En effet :

Avec ces examens et tests, il est possible de faire le diagnostic rapidement.

 

Contrôle de l’histoire clinique

Au cours de la visite médical, le médecin doit savoir certaines informations sur les antécédents médicaux, en particulier :

  • Les facteurs aggravant la douleur,
  • Tout ce qui réduit les symptômes,
  • Les maladies et traitements précédents pouvant contribuer au développement de la maladie.

hanche-bassin-anatomie

Pourquoi est-il important de comprendre quand les symptômes se font sentir ?

Parce que l’origine est différente en fonction de la position ou du mouvement effectué :

  • En position assise, ils surviennent souvent en cas de syndrome du piriforme dû à la pression exercée sur ce muscle de la fesse ;
  • En position couchée, au repos : la cause peut être une maladie grave, comme une tumeur. Cependant, dans certaines positions, des muscles étirés peuvent causer de la douleur ;
  • Debout, le problème peut être la charge corporelle, de sorte que la douleur peut provenir de l’articulation ;
  • En marchant, parmi les causes les plus fréquentes, il y a la raideur musculaire qui force le patient à adopter des schémas moteurs inadéquats.

Le plus important est de comprendre si les symptômes :

  1. Changent en fonction du mouvement ou de la position car l’origine est probablement musculo-squelettique,
  2. S’ils sont constants, il est possible qu’il y ait une masse qui appuie sur les nerfs ou une maladie des organes internes.

Les tumeurs osseuses sont assez rares, mais se forment souvent au niveau du cou et de la tête fémorale :

 

Diagnostic des douleurs à la hanche chez les jeunes

Un jeune patient souffrant d’une hanche douloureuse (sans arthrite) est souvent un dilemme diagnostique.

La douleur à la hanche chez les jeunes est souvent caractérisée par :

  1. Des symptômes non spécifiques,
  2. Aucune anomalie lors des examens d’imagerie médicale (radiographie, IRM, etc.),
  3. Peu d’anomalies dans les antécédents médicaux et l’examen clinique (Hickman et al. 2001).

 

Causes de la douleur en fonction de la zone

Selon la localisation de la douleur, de nombreux troubles peuvent être exclus.

Dans la partie avant de la hanche, la douleur est ressentie dans les cas de :

  • Lésions du labrum acétabulaire (bord cartilagineux de l’articulation),
  • Corps libres articulaires,
  • Conflit fémoro-acétabulaire,
  • Synovite (inflammation de la membrane synoviale),
  • Arthrite septique,
  • Lésions du ligament rond (qui relie la tête fémorale et la fosse acétabulaire).

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  • Conflit sous-épineux – entre l’épine iliaque antéro-inférieure et la tête fémorale,
  • Tendinite du psoas,
  • Hanche à ressaut,
  • Déchirement musculaire du quadriceps,
  • Fracture occulte ou de stress du col du fémur – Ces blessures provoquent une douleur antérieure ou à l’aine qui s’aggrave avec l’activité physique. La douleur survient durant les mouvements extrêmes, lors des sauts et lors de deux tests : le signe de Lasègue et le test log roll.
  • Maladie de Legg-Calvé-Perthes – est une ostéonécrose idiopathique (la raison n’est pas connue) de la tête fémorale chez les enfants âgés de 2 à 12 ans.
  • Dysplasie congénitale de la hanche.

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Parmi les causes de douleur arrière, il y a :

  • Le syndrome du piriforme,
  • La dysfonction de l’articulation sacro-iliaque.

articulation-sacro-iliaque

Les causes de la douleur latérale incluent :

  • Le conflit (compression) pelvi-trochantérien – entre le grand trochanter et le bord externe de l’acetabulum,
  • Une rupture musculaire de l’abducteur (du côté externe),
  • Une bursite trochantérienne.

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Les causes de la douleur interne à la hanche comprennent :

  • Le conflit ischio-fémoral – entre le petit trochanter et l’ischion,
  • La pubalgie du sportif,
  • L’ostéite pubienne,
  • Une déchirure musculaire de l’adducteur (intérieur de la cuisse).

Ensuite, il y a la partie pratique de l’examen.

 

Examen clinique

Le médecin ou le kinésithérapeute peut effectuer :

1) Observation et palpation

La palpation permet de comprendre si la pression provoque des douleurs dans certaines parties de la hanche.

Il y a alors probablement :

  1. Une inflammation,
  2. Une contracture.

La présence de cicatrices est fondamentale mais souvent sous-estimée.

Il est important de vérifier si le patient a déjà subi une intervention chirurgicale, mais également des lésions musculaires ou des fractures pouvant avoir entraîné la formation d’une cicatrice.

La cicatrice peut modifier la posture car elle ressemble à une pièce de « patchwork » dans une robe.

La flexibilité du tissu cicatriciel est inférieure à celle du muscle.

Cependant, l’élasticité des tissus peut être améliorée et la douleur réduite grâce à la manipulation myofasciale.

Grâce à cette thérapie, de nombreux patients ont guéri même si des années s’étaient écoulées depuis la chirurgie.

 

2) L’évaluation de la marche

Pendant la marche, il est possible de voir des changements de mouvement qui aident à comprendre l’origine du problème.

Lorsqu’une personne souffrant de douleur à la hanche est examinée, elle doit être vue de profil.

Si la hanche est rigide, le sujet doit compenser avec le dos et le bassin pour maintenir le membre en position verticale pendant la marche.

Donc :

La posture du dos est en hyperlordose (courbé en arrière).

 

3) Amplitude du mouvement

Cet examen est nécessaire car, en fonction du type de mouvement bloqué, il est possible de comprendre quelle partie de la hanche est la plus rigide.

Pour effectuer cet examen, le médecin ou le kinésithérapeute essaie les mouvements suivants :

  • Rotation interne ou externe,
  • Flexion,
  • Extension,
  • Abduction,
  • Adduction.

Cet examen permet de comprendre quels muscles sont :

  1. Raccourcis (ils sont généralement plus forts), les muscles courts sont généralement : le tenseur du fascia lata et les fléchisseurs du genou (à l’arrière de la cuisse),
  2. Étirés (ils sont généralement plus faibles), en général l’ilio-psoas et les muscles fessiers.

 

4) Mesure de la force

C’est l’un des tests les plus importants car il permet de comprendre si certains muscles sont faibles et peuvent provoquer un déséquilibre musculaire.

Avec ces informations, il est possible de mettre en place un programme ciblé d’exercices pour la hanche visant à corriger les déséquilibres musculaires.

Les muscles à tester car ils sont souvent faibles sont notamment :

  1. Les rotateurs externes de la hanche (piriforme, petit et moyen fessier),
  2. Les extenseurs (grand fessier),
  3. Les fléchisseurs de hanche (ilio-psoas).

 

5) Tests orthopédiques pour la hanche

Le test de Patrick

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Le test de Patrick (ou manœuvre de Faber) est effectué avec le patient couché sur le dos, en posant la cheville sur la partie avant du genou opposé.

Ensuite, il faut pousser le genou du membre douloureux vers le bas.

Cette combinaison de flexion, d’abduction et de rotation externe stimule l’articulation sacro-iliaque. En cas de blessure ou d’inflammation, cela augmente les symptômes situés entre le sacrum et le bassin.

Cette manœuvre peut également causer des douleurs à l’articulation de la hanche, mais les symptômes se font ressentir dans une zone différente.

Test log roll

Le test log roll est le test le plus spécifique pour la pathologie de la hanche.

  • Position initiale : le patient est couché sur le dos, avec la jambe tendue.
  • L’examinateur fait doucement pivoter la cuisse vers l’intérieur et l’extérieur.
    Cela déplace la surface articulaire de la tête fémorale dans le cotyle.
    L’avantage est que cela ne sollicite aucune des structures extra-articulaires environnantes.

Le test est positif si le patient a mal ou ressent un clic dans l’articulation.

 

Test FADIR pour le conflit fémoro-acétabulaire antérieur

Déroulement :

  • Pour faire ce test, le patient est couché sur le dos.
  • L’examinateur se trouve à côté du patient.
  • L’examinateur saisit le pied de la jambe à tester d’une main et le genou de l’autre.
  • Ensuite, il effectue une flexion associée à une adduction (déplacement de la cuisse vers l’intérieur) et une rotation interne (Laborie et al. – 2013).
  • Le test FADIR du conflit fémoro-acétabulaire est positif si cette manœuvre provoque des douleurs inguinales (Grant et al. – 2012).

Signe de Trendelenburg

Il est réalisé pour évaluer la force des abducteurs de la hanche, en particulier du petit et moyen fessier.

  • Le patient se tient debout mais uniquement sur la jambe affectée.
  • Il soulève donc l’autre jambe du sol.

Si l’abducteur est normal, le bassin reste horizontal.

Cependant, en cas de faiblesse des abducteurs, le bassin retombe du côté opposé à la jambe qui est posée par terre.

Dans ce cas, le signe de Trendelenburg est positif.

SIGNE DE TRENDELENBURG

 

Test pour le ressaut (ou le claquement) du tendon ilio-psoas

Le ressaut du tendon ilio-psoas peut survenir lorsque la hanche passe d’une position de flexion, d’abduction et de rotation externe vers une extension avec une rotation interne.

 

Test pour le ressaut (ou clic) du fascia ilio-tibial

Avec le patient allongé sur le côté sain, le fascia ilio-tibial peut provoquer un clic en cas de flexion et d’extension de la hanche.

 

6) Test pour exclure d’autres troubles

Des tests spéciaux sont des manœuvres spécifiques pour évaluer l’état de certaines structures de la hanche.

Parmi ceux-ci figurent des tests pour la colonne vertébrale lombaire (bas du dos) afin de déterminer si la douleur à la hanche provient des nerfs du dos.

En particulier, sont effectués :

  • Le signe de Lasègue pour voir s’il y a une compression ou une inflammation du nerf sciatique. Dans ce cas, la douleur se situe à l’arrière.
  • Le test de Wassermann permet de savoir si l’origine de la douleur est une cruralgie (inflammation du nerf fémoral). Dans ce cas, la douleur peut être latérale, à l’aine et à l’avant de la cuisse.

 

Examens de diagnostic pour la douleur à la hanche

Les examens de diagnostic sont essentiels pour exclure les causes de douleur non musculo-squelettique.

Cependant, ces examens peuvent souvent être source de confusion en cas de blessure ou d’inflammation.

Pourquoi de confusion ?

Les examens devraient aider !

Bien sûr, ils aident à exclure des troubles graves, par exemple une tumeur, mais dans le cas de modifications anatomiques (par exemple, une blessure au labrum acétabulaire), le patient pense que cela est la cause de la douleur.

Mais la cause est souvent un déséquilibre musculaire.

En fait, de nombreuses personnes atteintes de lésions au labrum acétabulaire ne ressentent aucune douleur après un traitement approprié.

 

1) Quand faire une radiographie ?

La radiographie de la hanche doit être réalisée notamment en cas de traumatismes ou de microtraumatismes répétés, si on soupçonne :

  • Une fracture aiguë de la hanche : on voit alors une fissure noire sur l’os (blanc),
  • Une luxation de la hanche, la tête fémorale n’est plus à l’intérieur du cotyle,
  • Une fracture de stress.

Elle est également utile pour identifier les calcifications (dépôts de calcium autour de l’articulation).

radiographie-hanche

 

Que montre la radiographie en cas d’arthrose ?

Ce sont des signes qui se voient dans toutes les articulations à cause de l’arthrose.

  • Érosion du cartilage articulaire – Les os se rapprochent car le cartilage est absent.
  • Formation d’ostéophytes (épines osseuses) sur le bord de l’articulation.
  • Sclérose de l’os sous-chondral : lorsque les os se touchent, l’os augmente la densité (la radiographie montre davantage de blanc).
  • Déformation de la tête fémorale qui n’est plus parfaitement sphérique mais devient ovale.
  • Apparition de géodes sous-chondrales : formation de cavités sous la couche superficielle de l’os.
  • Synovite (inflammation de la membrane synoviale de l’articulation).

La limite de cet examen est qu’il ne montre pas les tissus mous (tendons et muscles).

 

2) Quand effectuer une échographie ?

L’échographie est une technique utile pour :

  • Identifier une tendinite : on voit alors le tendon épaissi et enflammé,
  • Voir une lésion musculaire (tache noire correspondant à l’hématome) et une contracture,
  • Connaître la taille d’un hématome,
  • Confirmer une bursite (point noir).

Les limites de cet examen sont :

  • L’incapacité de voir les tissus profonds,
  • L’exécution et la compréhension des images dépendent de l’opérateur.

 

3) Quand effectuer une IRM (imagerie par résonance magnétique) ?

Une IRM de la hanche est réalisée pour détecter plusieurs anomalies des tissus mous, en particulier si la radiographie ne permettent pas d’identifier la raison d’une douleur qui ne passe pas.

L’IRM est utile pour détecter les fractures traumatiques occultes et les fractures de stress qui ne sont pas visibles à la radiographie.

La fracture occulte ou de stress doit être envisagée en cas de traumatismes répétés ou de microtraumatismes, même si la radiographie est négative.

Cependant, l’examen le plus indiqué pour une lésion du labrum acétabulaire est l’arthro-IRM.

Pour cet examen, le médecin injecte un produit de contraste (gadolinium).

Cette lésion peut causer de la douleur dans les premiers jours qui suivent la blessure. Si la douleur persiste, la cause est donc autre chose.

Une IRM doit être réalisée pour rechercher une tumeur car elle permet d’évaluer l’atteinte des tissus mous.

L’IRM est surtout effectuée lorsque la personne a une douleur intense, qui persiste même la nuit.

Cet examen permet d’exclure une algodystrophie (une maladie qui provoque une douleur persistante, surtout nocturne, et énervante) ou une ostéonécrose.
nécrose de la tête du fémurLorsque l’ostéonécrose survient seule, et qu’elle n’est pas provoquée par des médicaments, le patient souffre également d’algodystrophie.

Dans ce cas, aucun diagnostic ne peut être posé sans une IRM.

En outre, en cas d’inflammation et de fièvre, l’imagerie par résonance magnétique est utile pour différencier l’arthrite septique de la synovite transitoire.

 

4) Quand faire une scintigraphie osseuse ?

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La scintigraphie est réalisée lorsque des métastases osseuses sont trouvées chez le patient, sans aucune information sur la tumeur primitive (d’origine).
La scintigraphie est effectuée surtout chez les adolescents ou chez les jeunes pour exclure l’ostéome ostéoïde (un type de tumeur).

Il est possible d’effectuer une scintigraphie même lorsque l’on a une prothèse de hanche afin de déterminer si celle-ci s’est déplacée ou est toujours en place.

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5) Quand effectuer une prise de sang ?

L’arthrite septique provoque de la fièvre et une inflammation.

Pour comprendre si le patient souffre d’arthrite septique, le médecin prescrit une prise de sang pour évaluer :

En outre, en cas de suspicion d’arthrite septique, le médecin procède à l’aspiration du liquide de la hanche sous contrôle échographique, scanner ou fluoroscopie.

Maintenant à vous de jouer !

Maintenant, j’aimerais savoir :

Allez-vous consulter votre médecin traitant pour vous renseigner sur les examens à effectuer ?

Ou irez-vous chez un spécialiste ou un kinésithérapeute ?

Ou peut-être avez-vous une question pour moi ?

Dans tous les cas, laissez un commentaire ci-dessous.

À lire aussi :

Bibliographie

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Douleur à la hanche : les 5 examens les plus utiles et les tests (de base) ultima modifica: 2019-03-26T12:57:04+02:00 da Dr. Defilippo Giovanni

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