Décollement placentaire

Le décollement placentaire est un trouble grave qui sépare une partie du placenta (ou le placenta entier) de l’utérus avant la naissance de l’enfant.

Lors d’une grossesse normale, le placenta reste fermement attaché à la paroi de l’utérus jusqu’à la naissance de l’enfant.

Dans le cas de décollement placentaire, ce dernier se détache de la paroi de l’utérus trop tôt, c’est-à-dire avant la naissance de l’enfant.
Le décollement placentaire peut causer plusieurs lésions et peut être fatale (rarement)(Ananth et al. – 2006).
Le bébé peut naître prématuré (Ananth et al. – 2016) et son poids peut être trop faible.
Le décollement placentaire se produit dans 1 cas sur 150 environ (0,4 – 1 %)(Tikkanen – 2011).
Il est plus fréquent au cours du troisième trimestre ou après la 20e semaine.

 

Classification

On peut classer le décollement placentaire selon les lésions que le détachement crée à la mère et au fœtus.

  • Grade 0 – asymptomatique, diagnostiqué après l’accouchement grâce à un examen du placenta.
  • Grade 1 (léger) – présence éventuelle de saignements vaginaux inhabituels, mais aucune lésion pour la mère et le fœtus.
  • Grade 2 – manifestation des symptômes de décollement placentaire, le rythme cardiaque du bébé est à vérifier afin de détecter la souffrance fœtale.
  • Grade 3 – graves saignements qui peuvent provoquer un traumatisme pour la mère et la mort du fœtus.

 

Quelles sont les causes du décollement placentaire ?

Les médecins ne connaissent pas la cause exacte du décollage placentaire. On pensait que la cause était un flux sanguin anormal dans l’utérus, mais cela reste à prouver.
Les causes suivantes sont celles que l’on connait :

  • traumatisme abdominal – une blessure abdominale de la femme enceinte peut déchirer le placenta de la paroi utérine. Ce type de lésion peut être provoqué par un accident de voiture, une agression ou une chute.
  • décompression utérine – il s’agit d’une brusque perte de liquide amniotique de l’utérus, qui peut se détacher du placenta de la paroi utérine.

 

Facteurs de risque

On ne connaît pas la cause exacte du décollement placentaire, mais il existe certains facteurs qui augmentent les risques.
Les facteurs de risque sont les suivants :

  • âge avancé de la mère – les mères plus âgées font face à une série de complications pendant la grossesse, parmi lesquels le décollement placentaire ;
  • nombre de grossesses précédentes – les risques augmentent si la femme a eu de nombreuses grossesses ;
  • naissance multiple – dans le cas de jumeaux, le risque de décollement placentaire est beaucoup plus élevé (Ananth et al. – 2001) ;
  • précédent décollement placentaire – risque de récidive est élevé ;
  • hypertension – la pression artérielle élevée peut provoquer une hémorragie entre le placenta et la paroi utérine. Dans près de la moitié des cas de décollement placentaire (44 %), les femmes enceintes souffrent d’hypertension. Une des causes les plus fréquentes de l’hypertension pendant la grossesse est une maladie appelée la pré-éclampsie (Oyelese et al. – 2006).
  • liquide amniotique excessif (hydramnios) – un excès de liquide amniotique augmente le risque de saignement entre le placenta et la paroi utérine ;
  • toxicomanie, tabagisme (Ananth et al. – 1997), alcool et drogues comme la méthamphétamine ou la cocaïne – la prise de ces substances pendant la grossesse provoque le décollement placentaire et plusieurs autres problèmes graves pour la santé de la mère et du fœtus  (Salari et al. – 2008) ;
  • certaines maladies sanguines – l’incapacité du sang à coaguler peut entraîner un décollement placentaire ;
  • amnioréduction – lorsqu’il y a trop de liquide amniotique, on effectue un drainage. L’amnioréduction est un procédé qui est utilisé pour enlever l’excès de liquide amniotique avec une seringue. Quelques fois, cette procédure provoque des saignements.
  • version céphalique externe
  • rupture prématurée des membranes – la rupture de la poche des eaux avant la 36e semaine entraîne un risque élevé de décollement placentaire (Markhus et al. – 2011).
  • cas de diabète gestationnel (Ananth et al. – 1997),
  • femmes qui ont des fibromes ou myomes utérins (Joong Lee et al. – 2010).

 

Décollement placentaireComment se rendre compte du décollement placentaire ? Les symptômes

Les signes classiques du décollage placentaire sont les suivants :

  • saignements vaginaux (pertes peuvent être de couleur marron) (Sakornbut – 2007)
  • douleurs au bas ventre (Ghaheh et al. 2013)
  • mal de dos
  • contractions utérines rapides (Ghaheh et al. 2013)
  • douleurs abdominales et maux de dos soudainsLa quantité de saignements vaginaux peut varier considérablement et ne pas dépendre nécessairement du niveau de détachement du placenta de la paroi de l’utérus. On peut avoir un décollement placentaire, sans aucun saignement visible, car le sang est bloqué à l’intérieur de l’utérus. Dans certains cas, le détachement du placenta se fait lentement, et on peut remarquer un léger saignement vaginal. L’enfant ne peut pas grandir aussi vite que prévu et on peut avoir un contenu de liquide amniotique trop faible (oligoamnios) ou d’autres conséquences.

 

Complications

Cette maladie peut provoquer un manque d’oxygène et de nutriments pour le bébé et entraîner des saignements dangereux pour la mère et l’enfant. Le décollement placentaire peut poser des problèmes de croissance au fœtus, une naissance prématurée ou le décès.

À la mère :

À l’enfant :
La mort du fœtus dans l’utérus est la pire des complications.

  1. Un détachement minimal de la paroi utérine ne cause que rarement des lésions à l’enfant : la conséquence la plus importante est un léger manque d’oxygène et de nutrition.
  2. Un décollement plus important ou complet entraîne souvent la mort du fœtus : dans ce cas, la seule solution est l’induction au travail, quelle que soit la taille de l’enfant.

Si le bébé est né prématurément, et que son poids est trop bas, les risques que l’enfant ne puisse pas survivre sont élevées.

 

Tests et diagnostic

Lorsqu’il y a des saignements après la 24e semaine de grossesse, le médecin vérifie l’état du placenta grâce à un examen physique.
Des analyses de sang ou une échographie peuvent être nécessaires pour aider à identifier la cause du saignement.

Que faut-il faire ? Traitement pour le décollement placentaire

Le type de traitement requis dépend de plusieurs facteurs :

  • gravité du décollement placentaire,
  • la façon dont le bébé en est affecté,
  • nombre de jours avant la date de l’accouchement.

 

décollement placentaire, bébé, grossesseDécollement placentaire léger et partiel

Si le décollement placentaire est partiel, il n’est pas nécessaire de rester à l’hôpital même s’il recommandé de faire des contrôles pendant les semaines de grossesse restantes.
Décollement placentaire sévère
Si le décollement placentaire est grave, on recommande de rester à l’hôpital pour que la santé du bébé puisse être contrôlée tous les jours.
Dans la plupart des cas, le médecin recommande l’accouchement rapide et a souvent recours à un accouchement par césarienne.
En cas de naissance prématurée, la mère et l’enfant sont contrôlés par l’unité néonatale des soins intensifs.

 

Prévenir le décollement placentaire

Pour éviter le décollement du placenta, il faut éviter tout type d’alcool, de drogues ainsi que le tabac. Ces trois substances sont les causes les plus fréquentes de décollement placentaire. Un contrôle continu prénatal peut aider à détecter la condition initiale, le suivi et la gestion de l’état de santé peuvent être effectués jusqu’à la fin de la grossesse.
Les experts pensent que l’exercice physique et une alimentation équilibrée contribuent à prévenir le décollement du placenta.

Si une femme souffre d’un accident de voiture ou d’autres types d’incidents mineurs, il est recommandé d’appeler un médecin.

À lire aussi :

Bibliographie :

  1. Ananth CV, et al. Severe placental abruption: clinical definition and associations with maternal complications. Am J Obstet Gynecol. 2016 Feb;214(2):272.e1-272.e9. doi: 10.1016/j.ajog.2015.09.069.
  2. Tikkanen M. Placental abruption: epidemiology, risk factors and consequences. Acta Obstet Gynecol Scand. 2011 Feb;90(2):140-9. doi: 10.1111/j.1600-0412.2010.01030.x.
  3. Ananth CV, Savitz DA, Bowes WA Jr, Luther ER. Influence of hypertensive disorders and cigarette smoking on placental abruption and uterine bleeding during pregnancy. Br J Obstet Gynaecol. 1997 May; 104(5):572-8.
  4. Oyelese Y1, Ananth CV. Placental abruption. Obstet Gynecol. 2006 Oct;108(4):1005-16.
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  8. Markhus VH, Rasmussen S, Lie SA, Irgens LM. Placental abruption and premature rupture of membranes. Acta Obstet Gynecol Scand. 2011 Sep;90(9):1024-9. doi: 10.1111/j.1600-0412.2011.01224.x.
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  10. Hooria Seyedhosseini Ghaheh, Awat Feizi, Maryam Mousavi,Davood Sohrabi, Leila Mesghari, and Zahra Hosseini. Risk factors of placental abruption. J Res Med Sci. 2013 May; 18(5): 422–426.
  11. Fiori O, Verstraete L, Berkane N. Risk factors of abruptio placentae among Peruvian women. Am J Obstet Gynecol. 2007 Mar; 196(3):e15.
  12. Holmgren PA1, Olofsson JI. Preterm premature rupture of membranes and the associated risk for placental abruption. Inverse correlation to gestational length. Acta Obstet Gynecol Scand. 1997 Sep;76(8):743-7.

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