Varicocèle testiculaire

La varicocèle est une pathologie provoquée par la dilatation d’un groupe de grosses veines dans un testicule ou dans les deux à la fois.

Ce trouble est beaucoup plus fréquent du côté gauche du scrotum (sur la veine testiculaire gauche), à cause de la disposition des veines de ce côté.
La varicocèle du côté droit ne représente qu’environ 10 % des cas.

Généralement, le testicule est visiblement gonflé quand le patient se lève. Toutefois, ce gonflement disparaît en position allongée, car le sang se dirige vers le cœur, étant donné que, dans cette position, il n’est plus soumis à la gravité.

testicules, cordon spermatique

 

Quels sont les signes et les symptômes de la varicocèle ?

La varicocèle est parfois asymptomatique.

Parmi les symptômes, il y a :
Douleurs sourdes ou lancinantes
On peut avoir une sensation de lourdeur.
Souvent, le patient décrit ce trouble comme la sensation d’avoir un « sac de vers grouillants ».
Les symptômes s’aggravent quand le patient fait un effort (par exemple, pendant la course) ou en position debout ou assise.

Les efforts prolongés causent souvent des douleurs.
Les symptômes s’aggravent l’après-midi et le soir.
Le patient se sent mieux en position allongée.

 

Quelles sont les causes de la varicocèle ?

Les valvules des veines situées le long du cordon spermatique ne fonctionnent pas correctement.
Ce phénomène est semblable à celui des varices dans les jambes.
Un défaut des valvules provoque un reflux de sang dans le plexus veineux pampiniforme, augmente la tension et provoque la dilatation des veines.
Par conséquent, cela endommage le tissu du testicule.

 

Diagnostic de la varicocèle

Au cours de l’examen clinique, le médecin examine le poids des veines ou le scrotum.
Si les signes ne sont pas évidents, le médecin peut demander au patient d’effectuer la manœuvre de Valsalva, c’est-à-dire d’effectuer une expiration forcée, glotte fermée.

Si le médecin n’est pas encore certain de son diagnostic, il peut prescrire une échographie scrotale pour vérifier si le diamètre des veines du plexus pampiniforme est supérieur à 2 mm.

Le diagnostic différentiel doit exclure le cancer du testicule.
Si le médecin ressent un nodule à la palpation, il peut prescrire une biopsie pour prélever un échantillon de tissu à analyser en laboratoire.

 

Classification de la varicocèle

  1. La varicocèle de premier degré (le plus bas) n’est palpable que lors de la manœuvre de Valsalva ou quand le médecin effectue un examen clinique.
  2. La varicocèle de deuxième degré est palpable à l’examen clinique systématique, sans que la manœuvre de Valsalva ne soit nécessaire.
  3. La varicocèle de troisième degré (le plus haut) est visible à l’œil nu, car le testicule est gonflé et descend au-dessous de l’autre.

 

Autres problèmes du testicule

Hydrocèle
L’hydrocèle est une accumulation de liquide autour du testicule. Il s’agit d’un trouble généralement bénin.
Si l’hydrocèle est suffisamment importante, elle peut causer des douleurs ou de la tension.
Bien que les hommes puissent développer une hydrocèle après un accident, la majorité des hommes qui souffrent d’hydrocèle ne présentent pas de traumatismes évidents ou d’autres causes connues.

Torsion testiculaire
La torsion d’un testicule provoque la torsion du cordon spermatique, ce qui bloque les vaisseaux sanguins d’un testicule.
Certains hommes souffrent de troubles du développement qui les prédisposent à la torsion testiculaire.
Bien qu’il s’agisse d’un problème rare, c’est une urgence médicale.
En cas de douleurs testiculaires soudaines, il faut se rendre immédiatement aux urgences.
Si le traitement n’est pas immédiat, le testicule risque de mourir.

 

Traitement de la varicocèle

Le choix de traiter la varicocèle varie en fonction des symptômes et du désir d’avoir des enfants.
Le médecin doit aussi évaluer les autres pathologies ou difformités du patient, par exemple :

  1. Cryptorchidie (testicule en dehors du scrotum),
  2. Testicule ascenseur (dans certains cas, il remonte dans le canal inguinal)
  3. Testicule mobile (il se trouve dans le canal inguinal, mais il peut être replacé manuellement dans le scrotum).

Les hommes qui ne ressentent aucun symptôme n’effectuent généralement aucun traitement.
Chez les hommes qui ne présentent que des symptômes légers et occasionnels, les étapes suivantes peuvent suffire à contrôler la gêne :

  1. Porter un suspensoir au cours de l’activité physique ou si l’on reste debout trop longtemps ;
  2. Éviter les activités qui provoquent des douleurs ;
  3. Appliquer de la glace au niveau du scrotum et de l’aine ;
  4. Prendre un anti-inflammatoire en vente libre comme l’ibuprofène (Advil) ou le paracétamol (Efferalgan).

La varicocèle peut être traitée par une intervention chirurgicale ou une procédure appelée embolisation dans les cas suivants :

  • Si les traitements non invasifs ne suffisent pas à soulager les symptômes de la varicocèle,
  • Si l’homme est inquiet pour sa fertilité.

L’objectif de l’opération chirurgicale est de bloquer le flux de sang dans les veines dilatées.
L’embolisation consiste à fermer les veines de la varicocèle en injectant une substance ou en les liant à l’aide de spirales métalliques.
Les deux traitements sont effectués en hospitalisation de jour. La sortie de l’hôpital se fait donc le même jour que l’opération chirurgicale ou l’embolisation.

 

 

fermer veine, varicocèleRécupération après l’opération chirurgicale

Un adulte responsable doit ramener le patient chez lui en voiture et l’assister la première nuit qui suit l’opération.
Le patient doit rester au lit la plus grande partie de la journée de l’opération et du jour suivant.
Il faut marcher lentement autour de chez soi pour contracter les muscles du mollet.
Quand on reste au lit, il faut bouger les pieds toutes les heures pour utiliser les deux muscles des mollets.
Marcher et effectuer des exercices physiques sont des gestes qui permettent de prévenir la formation de caillots de sang dans les jambes (thrombose veineuse profonde).

Il est probable de ressentir de la gêne ou des douleurs après l’intervention chirurgicale.
Toutefois, la majorité des patients ne réfèrent que des douleurs légères ou modérées : sur une échelle d’évaluation de la douleur de 0 à 10, ils identifient une douleur égale à 5 ou inférieure après cette opération.
La gestion des douleurs postopératoires et l’accélération de la récupération peuvent se faire de différentes manières :

  1. Le médecin peut prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène (Advil). Les AINS permettent de soulager les douleurs et l’inflammation.
  2. Appliquer une compresse de glace sur le scrotum et sur la zone de l’incision toutes les heures pendant 20 minutes. Les compresses de glace sont particulièrement utiles le premier jour qui suit l’intervention chirurgicale. Ne pas appliquer la compresse directement sur la peau, éviter de congeler la région, il suffit de la rafraîchir.
  3. En position assise ou allongée, surélever le scrotum à l’aide d’une petite serviette ou d’un coussin pour soulager la gêne et réduire le gonflement. Cela est particulièrement utile les premiers jours qui suivent l’opération. Le scrotum est suffisamment surélevé si les testicules sont au même niveau que la partie antérieure des cuisses.
  4. Porter un support scrotal (suspensoir ou jock strap) dans les premières semaines qui suivent l’opération chirurgicale permet de soulager la gêne au maximum quand on reste debout, pendant la marche ou les efforts.
  5. Généralement, on prescrit aux patients un analgésique narcotique. En général, il faut utiliser un analgésique sur ordonnance quand la douleur est supérieure à 5 sur une échelle de 0 à 10.
  6. On applique des sutures steri-strip et une gaze qui recouvre l’incision. Deux jours après l’opération chirurgicale, on peut retirer le pansement (mais pas la suture steri-strip). Laisser la suture steri-strip en place jusqu’à ce qu’elle tombe, environ une ou deux semaines après l’opération.

 

Varicocèle testiculaire
Varicocèle testiculaire

Voici certaines recommandations :

  1. Ne pas prendre de bains, éviter d’aller à la piscine jusqu’à ce que la suture steri-strip tombe et que la blessure soit cicatrisée. Il ne faut pas mouiller l’incision. Généralement, il faut attendre environ 2 semaines.
  2. Ne pas faire d’activités fatigantes après l’intervention chirurgicale. Pendant au moins une semaine, il faut aussi éviter d’effectuer tout effort physique et de rester debout pendant des périodes prolongées.
  3. Après une semaine, on peut faire des exercices simples. Ne pas courir pendant au moins deux semaines supplémentaires.
  4. Généralement, on peut reprendre le travail dans les 3 jours.
  5. Après une ou deux semaines, le patient peut reprendre son activité sexuelle.

 

Résultats de l’opération chirurgicale


Intervention chirurgicale en cas de varicocèle douloureuse : la majorité des patients qui souffrent de douleurs causées par une varicocèle présentent une amélioration importante ou ne ressentent plus de douleurs.

Chirurgie pour la fertilité : de nombreuses études montrent que le nombre de spermatozoïdes et leur motilité s’améliorent après l’opération.
Certaines études montrent que, après l’opération de la varicocèle, les probabilités d’avoir un enfant augmentent de 30-50 % par rapport aux patients non opérés.

 

Effets secondaires de l’opération chirurgicale

Caillots de sang dans les jambes, appelés aussi thrombose veineuse profonde (TVP).
Une TVP peut se déplacer aux poumons et causer une embolie pulmonaire.
Selon les statistiques, la TVP se produit dans moins de 5 % des cas, tandis que l’embolie survient dans moins d’1 % des cas.

  • Infection de la zone opérée. Cela se produit dans moins d’1 % des cas.
  • Rétrécissement du testicule du côté de l’intervention. Cela se produit dans moins d’1 % des cas.
  • Accumulation constante de liquide autour du testicule, appelée hydrocèle. Cela se produit dans moins d’1 % des cas.
  • Récidive de la varicocèle. Cela se produit dans moins de 5 % des cas.
  • L’intervention ne soulage pas les douleurs. Jusqu’à 15 % des patients ne ressentent aucun soulagement ou seulement une petite amélioration après l’opération de la varicocèle sous-inguinale.
  • Apparition de douleurs. Dans de rares cas (moins d’1 %), les patients qui ne ressentaient pas de douleurs en développent dans la région opérée.
  • Permanence de l’infertilité. Tandis que certains couples réussissent à concevoir plus facilement des enfants après l’opération de la varicocèle, l’intervention chirurgicale ne donne pas de résultats positifs pour tous.

 

Quelles sont les éventuelles complications liées à une varicocèle ?

  1. Atrophie testiculaire (diminution du volume du testicule) : si les tubes qui produisent le sperme sont endommagés, le testicule se réduit et devient moins dur.
  1. Nombre de spermatozoïdes et qualité : il y a un risque d’infertilité.
    Les experts soutiennent que la température à l’intérieur du testicule augmente parfois en cas de varicocèle. Cela peut influencer la production de spermatozoïdes et leur motilité. Toutefois, selon certaines études récentes, aucune preuve ne démontre que la correction de la varicocèle augmente le pourcentage de fertilité chez l’homme.