Infiltrations de cortisone

Les infiltrations de cortisone sont des injections qui peuvent aider à soulager la douleur et l’inflammation dans une zone spécifique du corps.

Les infiltrations de cortisone sont fréquemment effectuées aux articulations telles que la cheville, le coude, la hanche, le genou, l’épaule, la main, le poignet et la colonne vertébrale.
Les petites articulations des mains et des pieds peuvent aussi bénéficier de ces injections, qui peuvent être également utiles dans le traitement du canal carpien.

Infiltrations de cortisone
Infiltrations de cortisone

L’efficacité dans le traitement de la fasciite plantaire ou du doigt à ressaut est faible. Pour ces troubles, il vaut mieux prendre en compte d’autres traitements.

Les infiltrations de cortisone comprennent un médicament à base de stéroïdes ainsi qu’un anesthésique local.
Dans de nombreux cas, les infiltrations peuvent être administrées dans le cabinet du médecin traitant.
Toutefois, le nombre d’injections dont un patient peut bénéficier pendant une année est limité à cause des effets secondaires possibles du médicament.

 

Qu’est-ce qu’une injection de cortisone ?

Une injection de cortisone est un traitement utile pour de nombreux troubles et pathologies.
La cortisone est un médicament à base de stéroïdes.
Les stéroïdes possèdent des effets anti-inflammatoires puissants. De plus, ils peuvent contribuer à réguler l’activité du système immunitaire.

Il existe une vaste gamme de médicaments pour les injections à base de cortisone.
L’infiltration de cortisone est souvent un terme générique qui désigne l’injection de l’un de ces médicaments. Le but de ces injections est de réduire l’inflammation et, par conséquent, de soulager la douleur.
L’infiltration n’est qu’un type de traitement. On devrait consulter le médecin pour parler des différents traitements de santé afin de choisir au mieux le traitement le plus approprié en fonction de la pathologie à traiter.
Les types d’infiltration de cortisone sont :

  • Injections locales réduisant l’inflammation dans une zone limitée du corps. Des exemples d’injections locales sont les injections articulaires (dans l’articulation) et les injections épidurales (dans la colonne vertébrale).
  • Injections systémiques réduisant l’inflammation dans tout le corps pour réguler l’activité du système immunitaire. Les injections systémiques traitent les maladies affectant plus d’une zone, telles que la polyarthrite rhumatoïde, le cancer, les maladies auto-immunes du collagène, les problèmes respiratoires ou les réactions allergiques.

 

Mécanisme de l’inflammation

L’inflammation est l’une des premières réactions du corps à une blessure ou à une lésion.
Au moment où la lésion se produit, des cellules endommagées et des résidus de tissu sont relâchés.
Ces particules libérées agissent comme antigènes pour stimuler une réponse immunitaire non spécifique et pour provoquer la prolifération des leucocytes (globules blancs).
Le flux de sang augmente localement pour transporter les leucocytes, les macrophages et les protéines du plasma dans la zone atteinte, comme mécanisme de défense.

La redistribution du flux artériolaire produit une stase (congestion) et une hypoxie (manque d’oxygène) au niveau de la zone atteinte.
L’arrivée des leucocytes, des protéines du plasma et du fluide dans les tissus provoque rougeur, gonflement et douleur qui caractérisent l’inflammation.

 

Actions de la cortisone

Le mécanisme d’action de la cortisone comprend une diminution de la réaction inflammatoire, limitant la dilatation capillaire ainsi que la perméabilité des structures vasculaires.
Cette substance réduit l’accumulation de leucocytes et de macrophages. De plus, elle réduit la libération de kinines qui provoquent la vasodilatation.
La cortisone inhibe (bloque) la libération des enzymes destructrices qui attaquent les tissus atteints et détruisent aussi le tissu sain.
De plus, les recherches récentes montrent que la cortisone peut réduire la formation de prostaglandines qui contribuent au processus inflammatoire.

Les injections de cortisone peuvent faire partie du traitement de différentes maladies et troubles, parmi lesquels nous pouvons citer :

  • Kyste de Baker
  • Bursite de l’épaule
  • Syndrome du canal carpien
  • Chondromalacie
  • Ténosynovite de De Quervain
  • Épaule gelée (capsulite rétractile)
  • Goutte
  • Polyarthrite rhumatoïde
  • Lupus
  • Névrome de Morton
  • Syndrome de douleur myofasciale
  • Arthrose
  • Fasciite plantaire
  • Métatarsalgie du pied
  • Arthrite psoriasique
  • Lésions de la coiffe des rotateurs
  • Sarcoïdose
  • Tendinite (rarement, car cela pourrait causer des dommages aux tissus).

 

Comment une injection de cortisone est-elle effectuée ?

Les infiltrations de cortisone peuvent être administrées de différentes manières. Nous pouvons citer :

  • Les injections épidurales, où le médecin injecte un médicament à base de cortisone près du canal vertébral pour réduire l’inflammation dans la colonne vertébrale. La diminution de l’inflammation soulage la douleur causée par des troubles à la colonne vertébrale comme le canal lombaire étroit, la hernie discale lombaire et les lésions aux nerfs de la moelle épinière.
    C’est une forme d’injection locale.
    Le médecin associe généralement des stéroïdes à un anesthésique local (comme la lidocaïne) pour les injections épidurales en cas de maux de dos.
  • Les injections intra-articulaires, où le médecin injecte la cortisone directement dans les articulations. C’est une forme d’injection locale. La plupart de ces injections sont effectuées dans le cabinet du médecin traitant. Dans les cas impliquant les articulations à l’accès difficile, par exemple la hanche, l’infiltration peut être effectuée à l’hôpital ou dans une clinique à l’aide de dispositifs d’imagerie par rayons X ou d’un appareil d’échographie qui permet de guider la procédure.
    Pour les injections articulaires, le médecin peut associer le médicament à base de cortisone à un anesthésique local.
    On préfère généralement effectuer une infiltration d’acide hyaluronique ou une physiothérapie (par exemple, la thérapie Tecar ou la magnétothérapie), car ces traitements ne provoquent pas les effets secondaires de la cortisone.
  • Les injections intralésionnelles, effectuées directement dans une lésion de la peau, comme l’acné ou une chéloïde.
    Une chéloïde est une excroissance de collagène suite à une cicatrice ou à une blessure.
    Pour les injections intralésionnelles, le médecin peut mélanger une ampoule de cortisone avec un anesthésique local. Ces injections sont de type local.
  • Les infiltrations intramusculaires, où le médecin injecte un médicament à base de cortisone directement dans un muscle.
    Ce sont des injections systémiques.
    Ces injections sont utilisées pour réduire l’inflammation dans au moins deux parties du corps. Pour une injection intramusculaire, le médecin peut combiner la cortisone à un anesthésique local.
  • Les injections intraveineuses, qui entrent directement dans les veines. Il s’agit d’une forme d’injection systémique. En général, les injections de cortisone par voie intraveineuse sont effectuées à l’hôpital pour le traitement de pathologies graves.

 

Quels sont les avantages des infiltrations de cortisone ?

Lorsqu’une articulation est gonflée, le liquide articulaire est parfois aspiré avant l’injection de cortisone.
Si le liquide est retiré, il peut être analysé par des examens de laboratoire afin de déterminer la cause de l’inflammation articulaire.
C’est un grand avantage car il s’agit d’un test diagnostique très précis.
Un autre avantage de l’injection de cortisone est que la réduction de l’inflammation dans une zone spécifique du corps est plus rapide et puissante que lors de l’utilisation de médicaments anti-inflammatoires traditionnels par voie orale, comme l’aspirine.

Une seule injection peut aussi empêcher certains effets secondaires qui peuvent se manifester suite à la prise de nombreux médicaments anti-inflammatoires oraux : en particulier, l’irritation à l’estomac ainsi que l’ulcère gastrique.
Les injections de cortisone peuvent être facilement administrées dans le cabinet du médecin traitant.
D’autres avantages sont l’effet rapide du médicament et la concentration des effets indésirables uniquement dans la zone de l’infiltration.

L’infiltration articulaire de cortisone ne fait pas grossir et ne provoque aucun gonflement généralisé du corps.

Après l’infiltration de cortisone, certaines personnes présentent des rougeurs et ressentent une sensation de chaleur à la poitrine et au visage.
Si le patient souffre de diabète, l’injection pourrait temporairement augmenter les taux de sucre dans le sang.

Après l’injection du médicament, le médecin peut demander de :

  • Protéger et garder au repos la zone où l’injection a été effectuée pendant un jour ou deux. Par exemple, en cas d’infiltration à l’épaule, il faut éviter de soulever des poids lourds avec le bras.
    En cas d’injection dans l’articulation du genou, il faudrait rester le moins possible en position debout.
  • Appliquer de la glace sur la zone où a été effectuée l’injection pour soulager la douleur en cas de besoin.
  • Attention aux signes d’infection qui durent plus de 48 heures, parmi lesquels une augmentation de la douleur, de la rougeur et du gonflement.

 

Effets secondaires de la cortisone

L’effet secondaire le plus courant est probablement l’inflammation par cortisone, trouble où la cortisone injectée se cristallise et peut provoquer une brève période de douleur plus intense qu’avant.
Cet effet dure généralement 24 à 48 heures. Il vaut mieux le traiter en appliquant de la glace sur la zone où l’infiltration a été effectuée.
On cherche généralement à éviter les infiltrations au talon, au tendon d’Achille et au coude en cas d’épicondylite car elles peuvent faciliter la formation de calcifications.
Un autre effet secondaire assez fréquent est le blanchiment de la peau où l’injection a été effectuée.
Ce problème ne concerne que les personnes à la peau foncée et ne présente pas de risque. Toutefois, les patients doivent être conscients de cette possibilité.
D’autres effets secondaires des injections de cortisone peuvent être assez graves.
Le plus important est sans doute l’infection, en particulier si l’infiltration est effectuée dans une articulation.
La meilleure prévention est d’utiliser toutes les précautions, en désinfectant la peau (à l’aide d’un désinfectant et/ou d’alcool).
De plus, les patients qui souffrent de diabète peuvent présenter une augmentation temporaire de la glycémie dans le sang qui doit être attentivement contrôlée.
Éviter les infiltrations pendant la grossesse ou l’allaitement.
Si l’on effectue une infiltration sur un tendon, ce dernier peut s’affaiblir jusqu’à se rompre complètement.
Vu que la cortisone est une substance présente dans la nature, aucune réponse allergique à la substance injectée ne se manifeste. Toutefois, il est possible d’être allergique à d’autres substances présentes dans l’ampoule à injecter ou bien à la Bétadine, très utilisée par les médecins pour désinfecter la peau.
Parmi les autres contre-indications figurent le glaucome, l’hypertension et l’ostéoporose.

 

Combien d’infiltrations de cortisone un patient peut-il recevoir ?

On effectue généralement un cycle de 3 injections consécutives, en attendant une semaine entre l’une et l’autre.
Si elles ont été efficaces, on peut répéter le cycle après au moins 6 mois.

 

Les infiltrations de cortisone sont-elles douloureuses ?

La douleur est subjective : certaines personnes ne ressentent qu’une petite piqûre, tandis que d’autres rapportent que l’infiltration est douloureuse.
Un patient qui se soumet à 3 infiltrations à une articulation, réalisées par le même médecin, peut ressentir une légère gêne la première fois et une forte douleur la deuxième fois.