Traitement du vitiligo

Le vitiligo est une maladie de la peau caractérisée par la dépigmentation de la peau (en forme de taches) sur une longue période.

 

La couleur de la peau humaine est due à la mélanine, à savoir un pigment produit par des cellules appelées mélanocytes.
Lorsque ces cellules ne sont plus en mesure de produire la mélanine ou si elles sont détruites, on remarque la formation de taches blanches (dépigmentation) dans la zone de peau touchée.
Ces taches blanches peuvent être petites ou grandes selon la gravité de la maladie.
Le bronzage est un processus lié à la mélanine présente dans les cellules.
Les personnes souffrant de vitiligo vont remarquer que lors de l’exposition au soleil, les taches de peau plus claires restent complètement (ou presque) inaltérées tandis que le reste du corps devient plus foncé.

La plupart des personnes pensent que la leucodermie et le vitiligo ne sont qu’une seule et même pathologie mais ce n’est pas vrai.
La leucodermie est une maladie qui entraîne aussi bien une dépigmentation de la peau que la formation de taches marrons sur la peau.
En cas de vitiligo, on ne retrouve que la dépigmentation de la peau et la formation de taches blanches.

Les zones les plus touchées sont les mains, les pieds, le visage, les organes génitaux, les genoux et les avant-bras.

 

Quand apparaît-il ?

Le vitiligo survient lors de l’enfance, généralement chez les enfants et les adolescents, et est généralement bilatéral.
Cette maladie peut commencer rapidement et progresser en alternant des périodes de recrudescence et de stabilisation.
Le vitiligo est une maladie infantile qui peut durer à vie.

Il se forme généralement sous forme d’un des 3 modèles suivants :

  • bilatéral ou généralisé. Dans ce sous-type plus fréquent, la perte de pigment est répandue dans plusieurs régions du corps, souvent de façon symétrique.
  • segmentaire. La perte de couleur dans la peau ne se produit que d’un coté du corps. Ce type-ci survient lors de l’enfance, progresse pendant un ou deux ans et puis s’arrête.
  • focal. La dépigmentation est limitée à une ou quelques régions du corps.

Il est difficile d’envisager la progression naturelle du vitiligo : la formation des taches s’arrête parfois sans aucun traitement.
Dans plusieurs cas, la dépigmentation se propage et peut affecter la plupart de la surface de la peau.

Les causes du vitiligo

Les causes du vitiligo non-segmentaire (auto-immune) et segmentaire (substances neurochimiques) peuvent être légèrement différentes.

Les maladies auto-immunes
Le vitiligo non-segmentaire est le type le plus fréquent et on pense qu’il a une origine auto-immune.
Cela signifie que le système immunitaire (système de défense naturelle du corps) ne fonctionne pas correctement :
au lieu d’attaquer les cellules étrangères comme les virus, le système immunitaire produit des anticorps (protéines qui luttent contre les infections) qui combattent les cellules saines du corps et des tissus.
En cas de vitiligo non-segmentaire, le système immunitaire développe des anticorps qui détruisent les mélanocytes (cellules qui produisent la mélanine).
Le vitiligo peut survenir en plus des autres maladies auto-immunes de la thyroïde, telles que l’hyperthyroïdie ou l’hypothyroïdie.

Les substances neurochimiques
Le vitiligo segmentaire est le type de vitiligo le moins fréquent. Il est provoqué par des substances chimiques libérées par les terminaisons nerveuses de la peau et toxiques pour les mélanocytes.

L’augmentation du risque
Le risque de développer le vitiligo non-segmentaire peut augmenter selon les cas suivants :

  • hérédité : environ 20 % des personnes atteintes de vitiligo ont un autre membre de la famille touché.
    Antécédents familiaux d’autres maladies auto-immunes : par exemple, un parent atteint d’anémie pernicieuse (maladie auto-immune qui affecte l’estomac).
  • autre maladie auto-immune.
  • mélanome (type de cancer de la peau) ou lymphome T cutané (type de cancer du système lymphatique).
  • altérations particulières dans les gènes liés au vitiligo non-segmentaire.

Le vitiligo n’est ni contagieux ni une maladie grave.

 

 

Les symptômes du vitiligo

Le signe principal du vitiligo est la perte de pigment qui produit des taches de couleur crème (dépigmentation) sur la peau.
Les signes suivants sont moins fréquents mais peuvent alerter :

  • poils et cheveux qui deviennent blancs ou gris trop tôt.
  • perte de couleur au niveau des tissus qui couvrent l’intérieur de la bouche (les muqueuses).
  • perte ou altération de couleur de la couche interne de l’œil (rétine).
  • démangeaisons possibles dans les parties plus claires.

Même si chaque région du corps peut être affectée par le vitiligo, la dépigmentation se développe généralement sur les parties de peau visibles et exposées au soleil, telles que les mains, les pieds, les bras, le visage et les lèvres.
Il peut également affecter les organes génitaux (testicules) et la région anale.
Même s’il peut survenir à tout âge, le vitiligo se développe souvent une première fois entre 10 et 30 ans.

Comment réagir face aux troubles émotifs et psychologiques du vitiligo ?

Même si le vitiligo n’est pas dangereux, les effets émotifs et psychologiques peuvent être graves.
Les taches blanches du vitiligo peuvent influer sur l’estime en soi, le bien-être émotif et psychologique.
Les personnes atteintes de vitiligo peuvent éprouver un stress émotif, notamment si la maladie se développe dans certaines régions du corps (telles que le visage, les mains, les bras et les pieds) ou sur les parties génitales.
Les adolescents qui sont souvent très attentifs à leur aspect physique peuvent être dévastés par le vitiligo.
Certaines personnes atteintes de vitiligo éprouvent de l’embarras, de la honte, sont en dépression ou appréhendent la réaction des autres.

 

Le diagnostic différentiel
Le médecin doit exclure les pathologies suivantes :

  1. eczéma ou dermatite atopique
  2. pityriasis alba
  3. pityriasis lichenoïde
  4. hypopigmentation post-inflammatoire ou post-infectieuse
  5. lichen scléreux
  6. morphée
  7. mycose
  8. lichen striatus.

 

Les traitements du vitiligo

Les options de traitement

Traitement du vitiligoLes crèmes à base de corticoïdes
L’application de certaines pommades sur la zone de peau touchée peut aider dans le traitement du vitiligo seulement si elle est effectuée en temps.
Le traitement topique est efficace lorsque la maladie est dans la phase initiale de développement.
Lorsque les taches blanches viennent de se former, l’application de crèmes ou de pommades à base de corticoïdes, comme le calcipotriol, peut aider à éliminer les taches et à rétablir la couleur normale de la peau.
Après avoir commencé le traitement, en 3-4 mois, on remarque une forte diminution de formation de taches blanches.
C’est le meilleur traitement du vitiligo de premier stade.

 

Parmi les nouveaux traitements, il y a le laser à excimère qui stimule la croissance et la multiplication des mélanocytes (cellules de la peau qui contiennent la mélanine).

La photothérapie rayons ultraviolets
La PUVA est un nouveau traitement de pigmentation, efficace pour éliminer les taches blanches.
La PUVA lie les psoralènes aux rayons ultraviolets A.
Le médecin prescrit au patient un photosensibilisant appelé psoralène.
On applique une fine couche de psoralène et on le laisse agir pendant 30 minutes.
On expose ensuite cette zone aux rayons ultraviolets A.
La peau atteinte de vitiligo répond assez bien lorsqu’elle est bombardée de rayons ultraviolets A.
Puisqu’elle est très sensible aux UVA, les rayons lumineux pénètrent en profondeur dans la peau afin de corriger le problème.
Si l’on bombarde la peau d’UVA, la zone de peau touchée devient rose et revient à sa couleur normale.
Il faut généralement effectuer de 2 à 3 cycles pour rétablir l’aspect naturel de la peau.
La PUVA n’est utile que lorsque 20 % (maximum) de la peau est affectée par le vitiligo.

Le psoralène oral et les rayons ultraviolets A
Si plus de 20 % du corps est touché par ces taches blanches, le traitement du vitiligo subit quelques changements.
Dans ce cas, on recommande au patient de prendre des pilules ou des comprimés de psoralène avant l’exposition UVA.

La photothérapie à bande étroite
La photothérapie rayons UV à bande étroite, soit avec une longueur d’onde de 311 nm (nanomètres), est parmi les traitements les plus indiqués en cas de vitiligo. Dans ce cas, il ne faut pas prendre des médicaments sensibilisants avant le traitement.

 

Vitiligo,pied,taches blanches

Le traitement de dépigmentation
Lorsque la peau perd sa couleur naturelle et devient claire, le processus est appelé dépigmentation.
Si le vitiligo touche 50 % du corps, la thérapie PUVA ne peut être effectuée.
La peau normale est traitée (dépigmentée) afin que la couleur corresponde à la peau touchée par le vitiligo.
Le médicament que l’on utilise pour blanchir la peau est appelé monobenzone. On l’applique deux fois par jour sur la zone de peau inaltérée pour la blanchir.
On cesse le traitement une fois que les zones de peau normales sont blanchies et ressemblent à la peau touchée par le vitiligo.

La dernière découverte est un vaccin composé d’une protéine (HSP70i) qui agit sur l’ADN des cellules.
Il a été testé avec succès sur les souris car il a été possible de récupérer environ 75 % de la pigmentation des poils.
On attend les résultats de l’expérience sur l’homme.

 

Alimentation et régime alimentaire en cas de vitiligo

Une personne atteinte de vitiligo devrait éviter la viande et le poisson.
Le médecin recommande au patient de manger des légumes telles que les épinards, les brocolis, les choux, les choux de Bruxelles et les carottes.
On devrait également éviter les épices et la malbouffe car ils peuvent entraîner des irritations.
Les personnes atteintes de vitiligo devraient manger des fruits tels que la mangue, les pêches, les pommes et les dattes noires.
Boire beaucoup d’eau est également important pour le traitement du vitiligo.
Les troubles de l’intestin peuvent favoriser les inflammations et les troubles de la peau : d’après le naturopathe, il faut suivre une alimentation saine qui comprend des antioxydants tels que les vitamines A-C-E, le sélénium, le curcuma et le zinc.

 

Les traitements et les remèdes naturels

L’emploi de l’herbe de Saint Jean peut contribuer à réduire au minimum la formation de taches blanches en cas de vitiligo léger.
Frotter la teinture alcoolique de cette herbe peut être efficace.
On peut également frotter du jus frais d’une autre plante appelée lemna (petite lentille d’eau) sur les taches blanches 4 à 5 fois par jour afin de réduire leur formation.

 

Les précautions

Il faut également prendre des précautions afin d’accélérer la guérison.
L’exposition au soleil pour une personne atteinte de vitiligo peut être dangereuse.
Les rayons UV nocifs rendent la peau plus foncée, les taches blanches deviennent donc plus en relief et visibles.
L’application d’une crème solaire (FPS supérieur à 30) avant de s’exposer au soleil protège des effets nocifs des rayons UV.
Il faut absolument éviter les brûlures et les coups de soleil.

 

 

Quelle est l’évolution normale du vitiligo ou que se passe-t-il si on ne le traite pas ?

Chez moins d’1/3 des patients, les taches du vitiligo peuvent cesser de progresser et rester à vie.

Environ 30 % des patients remarquent une pigmentation spontanée, surtout dans les zones exposées au soleil : cela ne se répand généralement pas sur toute la zone dépigmentée.
Chez la plupart des patients, le vitiligo a un début rapide suivi d’une lente progression avec la perte de couleur localisée dans certaines parties spécifiques du corps.
Chez d’autres patients, le vitiligo se répand s’il n’est pas traité et peut devenir généralisé. Dans ce cas, la peau est complètement blanche et présente quelques parties de peau noire ou marron.
Le vitiligo segmentaire limité à la région où le rameau du nerf cutané (appelé dermatome) passe, ne progresse plus après avoir atteint une certaine taille, aucun autre blanchissement ne survient dans d’autres régions du corps.